Les fondements de l'entraînement physique

le principe d'adaptation

 
Yvan Campbell
Kinésiologue,
Centre de Recherche Clinique en Réadaptation au Travail, Hôpital Charles LeMoyne
Université de Montréal, département de kinésiologie
 

 

 

 

 

 

 

1) Introduction

2) Le principe d'adaptation

3) Le syndrome général d'adaptation

4) Adaptation aiguë

5) Adaptation chronique

6) Transfert

 

Correspondance:

Yvan Campbell, M.Sc. CSCS

Chargé de cours, Université de Montréal, Département de Kinésiologie

C.P. 6128, succursale Centre-ville Montréal (Québec) H3C 3J7
Téléphone : (514) 343-6151, yvanc@yvanc.com

Télécopieur : (514) 343-2181

site web : www.yvanc.com

 

Centre de Recherche Clinique en Réadaptation au Travail, Hôpital Charles Lemoyne  

1111 rue Saint-Charles Ouest, bureau 101, longueuil,Qc, Canada. J4K 5G4, tél: 450-674-5908, poste 233,  télécopieur: 450-674-5237.

 

 

 

 

 

 

L'entraînement physique est un outil extrêmement utile dans plusieurs champs d'activité humaine : le sport, la réadaptation, la prévention des maladies, la préparation physique dans le cadre d'une profession spécialisée ou dans le cadre de performances artistiques, etc . Par l'entraînement physique, nous mettons à profit une des facultés fondamentales du corps humain : la capacité d'adaptation.

1) Introduction

2) Le principe d'adaptation

L'adaptation est la capacité d'un organisme à s'ajuster à son environnement (Zatsiorsky, 1995).

 

Une des lois fondamentales de la nature est représenté par le fait que l'organisme a la capacité de s'adapter à divers environnements. La faculté d'adaptation est la loi la plus universelle et la plus fondamentale de la vie (Weineck,1992). Trois mécanismes entrent en jeu: le syndrome général d'adaptation , l'adaptation aiguë et l'adaptation chronique

3) Le syndrome général d'adaptation

Le syndrome général d'adaptation vise à mobiliser les ressources de l'organisme

 

C'est le dr Hans Selye qui fut à l'origine du concept de "Syndrome Général d'Adaptation" (SGA) (Selye, 1950). Le SGA est l'ensemble des réponses non-spécifiques produit par le corps face à un stimulus, et qui ont pour but de mobiliser les ressources du corps humain pour être capable de répondre de façon spécifique (adaptation aiguë) à des éléments stresseurs.

La mobilisation des systèmes de production d'énergie (aérobiques et anaérobiques) et l'accélération des processus anaboliques (synthèse des protéines) sont des exemples de réponses non-spécifiques.

Figure 1: La mobilisation des ressources par les réactions non-spécifiques du syndrome d'adaptation générale ("mechanism of general adaptation") permet aux mécanismes d'adaptation aiguë spécifiques ("specific homeostatic mechanisms") de maintenir l'homéostasie face à un changement de l'environnement ("stressor"). (Viru, 1995 )

 

3) Adaptation aiguë

L'adaptation aiguë est une réaction régulatrice en réaction à perturbation de l'homéostasie.

 

L'adaptation aiguë est l'ensemble des mécanismes physiologiques utilisés par l'organisme humain pour maintenir l'homéostasie (Viru, 1995). 

Ces réactions spécifiques auront d'abord une fonction de régulation rapide dans un contexte de maintient du milieu interne du corps humain (homéostasie) . 

Par exemple, lors d'une marche rapide, le travail mécanique demandée déclenchera une cascade de réactions internes : déplétion de substrats énergétiques, accumulation de produits métaboliques, production de chaleur, altération du pH et des pressions osmotiques, etc. A l'aide de systèmes à rétroaction négative, l'organisme parvient à déclencher des mécanismes qui vont palier aux effets potentiellement négatif d'une augmentation du travail mécanique découlant de l'accélération de la vitesse de marche.

Pour illustrer ce phénomène, utilisons notre exemple:  après quelques minutes la température du corps va avoir tendance à excéder 37 degrés; un thermostat spécial localisé dans l'hypothalamus va percevoir cette augmentation de température et émettre un signal nerveux qui va activer les glandes sudoripares. Il y aura alors transpiration. L'évaporation de l'eau à la surface du corps permet de réduire la température à un niveau normal. En même temps les capillaires de la peau vont se dilater, permettant ainsi d'évacuer plus rapidement la chaleur vers la surface de la peau d'où elle est dissipé par radiation. La baisse de température sera perçu par l'hypothalamus qui a son tour, toujours à l'aide d'un signal nerveux (quoique inhibiteur cette fois) va ralentir ou même stopper la sudation et les autres mécanismes "refroidissant" (figure 2).

 

Figure 2: A l'aide d'un système à rétroaction négative impliquant l'hypothalamus et le systèmes de glandes sudoripares, l'organisme humain parvient à maintenir une température interne adéquate, même lors d'un effort physique produisant beaucoup de chaleur.

 

4) L'adaptation chronique

Une adaptation chronique implique des changements struturaux et métaboliques de l'organisme, dans le but de fournir une meilleure réponse à un stimulus.

 

Avec le temps et la répétition de ces épisodes d'adaptation aiguë, ces réactions entraîneront un rehaussement fonctionnel des systèmes organiques en vue, ultérieurement, d'une meilleure réponse face à un nouveau stimulus (Weineck,1992, Viru, 1995 ). Autrement dit, La répétition systématique d'un stimulus (nous utiliserons le terme "charge" quand nous parlerons plus spécifiquement  d'entraînement physique) induit une adaptation chronique fondée sur des changements struturaux et métaboliques de l'organisme (adapté de Viru, 1995). C'est ici qu'intervient le principe de surcharge, i.e. pour qu'il y ait adaptation chronique, la charge doit dépasser un "seuil d'adaptation". Si ce seuil est atteint, la période de régénération physiologique produira un rehaussement fonctionnel des capacités de l'organisme (niveau fonctionnel) par une réorganisation biologique de l'organisme : L'adaptation chronique (figure 3).

 

 

Figure 3a: Pour qu'une charge physique produise une adaptation chronique, celle-ci doit être d'une magnitude suffisamment élevée pour dépasser le "seuil d'adaptation". Cette charge est alors qualifiée de charge de développement (Zatsiorsky, 1995)

 

Figure 3b:L'application systématique ( sur une période de temps ) d'une charge d'entraînement commande un rehaussement du seuil fonctionnel. A noter que plus le niveau fonctionnel augmente, plus le seuil d'adaptation est "loin", ce qui implique une charge d'entraînement de plus en plus élevée.

 

 

Figure 4: Après plusieurs expositions à une charge de même grandeur, et après que celle-ci ait induit une adaptation biopositive, le niveau fonctionnel se stabilisera. La charge de développement deviendra une charge de maintien

 

 

Figure 5: Si il y a mauvaise modulation de la charge d'entraînement, il en résulte une baisse du niveau fonctionnel par sous-stimulation ou par sur-entraîenement ( comme illustré sur le graphique).

Il est important de noter que dans le domaine de la réadaptation au travail, la tâche du travailleur devient une charge de maintien. C'est pourquoi le travailleur ou la travailleuse n'a pas obligatoirement besoin de continuer un entraînement physique après une fois que le processus de ré-entraînement à l'effort est terminé, puisque la charge physique induite par le travail remplace la charge qui était préalablement fournie par l'entraînement physique.

Plus l'athlète comprend l'importance et la spécificité de l'exercice à son sport et plus l'athlète atteind un haut niveau d'expertise au tout début de l'aquisition du mouvement, plus il y a transfert transfert au sport en question. (Holloway).